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LES CINQUANTE PREMIÈRES ANNÉES DE LA FÉDÉRATION

1922 - 1972

Aujourd’hui, un pensionné bénéficie d’emblée, des dispositions d’un code des pensions militaires d’invalidité élaboré et structuré. Si le pensionné a des questions à résoudre, elles résident surtout dans l’application imprécise, restrictive ou aléatoire de dispositions précises et essentiellement justes. Mais quels combats n’a-t-il pas fallu mener pour y parvenir !

Vraiment, ce ne fut jamais un long fleuve tranquille !

Et que l’on n’imagine pas, très naïvement, que tout est définitivement gravé dans le marbre de manière indélébile !

Ceux qui liront patiemment cette longue histoire découvriront que l’épée de Damoclès est toujours là, suspendue à un fil ténu… Il suffirait d’un rien pour que le droit si difficilement acquis subisse le sort de la peau de chagrin…

La ténacité, la pugnacité, l’abnégation dans l’engagement au service des grands blessés furent sûrement les maîtres mots de ceux qui fondèrent la fédération et ont contribué à la faire vivre au fil du temps.

Laissons la parole à Georges Gauriault. Il retrace ce que furent les cinquante premières années de la fédération. Ce texte fut publié dans la plaquette du cinquantenaire de notre association. Titulaire de la carte d’adhésion n° 63 (plus de trente mille ont été attribuées), G. Gauriault a occupé tous les postes de responsabilité possible ; militant de base, président de section, directeur administratif, secrétaire général, président fédéral… que n’a-t-il pas fait ?


PREMIÈRE PARTIE : de 1922  à  1927

Deuxième partie
de 1928 à 1937
Troisième partie
de 1938 à 1948
Quatrième partie
de 1949 à 1972

La naissance de l'Association des Grands Invalides de Guerre




Le Journal Officiel du 15 octobre 1922 annonçait la création de l'Association nationale des Grands Invalides de Guerre, groupant les bénéficiaires des articles 10 ou 12 de la loi du 31 mars 1919.

Le fondateur était Jacques Simon, un grand invalide paralysé des deux jambes, militant déjà chevronné d'un important groupement national d'anciens combattants. Le siège provisoire était à son domicile, à Asnières (Seine).

Il avait en même temps édité une modeste publication mensuelle, dont le titre était La Voix du mutilé, organe de défense des victimes de la guerre. J. Simon en était le propriétaire, mais ses colonnes étaient largement ouvertes à l'association qu'il venait de créer.

Dans le premier numéro, qui parut en janvier 1923, il explique ce qu'entend être l'association : Elle n'est pas subventionnée, elle n'a pas de fil à la patte, elle dira tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, elle s'attaquera aux injustices, ses membres sont des créanciers de la nation, elle ne les laissera pas traiter en quémandeurs. 

Le président fondateur Jacques Simon
Tout au long de ses articles, J. Simon apparaît comme un homme combatif qui ne peut pas souffrir, et qui le dit sans mâcher ses mots, « que l'on oublie déjà ce que le pays doit aux anciens combattants et aux victimes de guerre. »


Les premiers dirigeants de L'A.N.G.I.G.

La composition du bureau et du conseil d'administration en 1923 est difficile à reconstituer, quelques noms sont cités à l'occasion de délégations dans les administrations, mais sans indication de leur qualité. Ce sont les premiers pas d'une association nouvelle. Ce n'est qu'au début de 1924 que nous en trouvons la liste suivante.

Membres du Bureau

J. Simon, président (1);

Réveillard (2), Julienne (3), Capy (4), Garans (5), vice-présidents ;

Pierre Régnier (6), secrétaire général ;

Berrier (7), trésorier général ;

Anne (8), secrétaire adjoint ;

Godet-la-Loi (9), trésorier adjoint.



Administrateurs : Gauriault, Dandieu, Boudet, Chifflot, Havard, Menessier, Romanet, Rostagne, Sarmet et Mme Guérin-Charvet (infirmière mutilée de guerre).

« Soyons la Fédération nationale des Plus Grands Invalides de Guerre »

L'A.N.G.I.G. devient F.N.P.G.I.G.

En raison du développement de l'Association, un conseil d'administration, tenu en février 1923, décidait de la transformer en Fédération. D'autre part, une association de création récente portait le titre d'Association de grands invalides, recrutant ses membres à partir de 50 % d'invalidité. Il fallait donc également modifier la raison sociale de notre groupement. Le conseil tournait en rond autour du problème, quand J. Simon lança : « Soyons la Fédération nationale des Plus Grands Invalides de Guerre ».

L'idée était bonne puisque notre recrutement était basé sur les articles 10 ou 12 de la loi du 31 mars 1919 dont les bénéficiaires sont les plus atteints des invalides de guerre.

L'assemblée générale du 21 octobre 1923 ratifia à l'unanimité cette nouvelle raison sociale.


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Sur les champs de bataille, c'est la mort qui est le plafond des blessures !      

Quelle était alors la situation des plus grands invalides ?

Nous venons de voir que le législateur a prévu deux articles particuliers à certains grands invalides. Ce sont :

L'article 10 (devenu article L. 18 du code PMI) concernant les invalides ayant besoin de l'assistance constante d'une tierce personne pour accomplir les actes essentiels à la vie : les aveugles, les paraplégiques, les amputés de plusieurs membres ou atteints d'autres infirmités de gravité comparable. Pour cette catégorie la pension annuelle variait entre 3.125 F* (14 387,5 €) et un plafond de 4.250 F (19 567 €)

L'article 12 (devenu article L 16 du code PMI), invalides atteints d'infirmités multiples dont l'une est évaluée à 100 %, les autres étant comptées en infirmités supplémentaires. Leur pension annuelle variait entre 2.500 F (11 510 €) et un plafond de 3.400 F (15 653,6 €).

Ces plafonds étaient d'ailleurs injustes, sur les champs de bataille c'est la mort qui est le plafond des blessures.

Si l'on veut mesurer le pouvoir d'achat de ces pensions, il faut se souvenir que le salaire moyen d'un ouvrier se situait alors entre 6.000 F (27 624 €) et 10.000 F (46 040 €) par an.

* Les valeurs indiquées dans ces lignes et celles qui suivent sont celles de 1925. En utilisant le coefficient d'actualisation des rentes octroyées pour dommages corporels fourni par l'administration fiscale (4,6040), nous donnons l'équivalence actuelle en euro.

  

C'est pratiquer des prix de gros comme à La Villette...        

Les grands invalides avaient des raisons de se grouper

Pourtant, la création de la F.N.P.G.I.G, fut regardée par certains dirigeants de grandes associations comme néfaste à l'union. La réponse était facile. La Voix du mutilé démontre que les grands invalides n'ont pas été « largement servis » comme cela a été dit, mais au contraire injustement traités. Elle en donne la preuve : l'ablation d'un pouce valait 1.440 F (6 629,76 €) de pension, mais l'amputation du bras tout entier ne valait que 2.040 F l'amputation des quatre membres, accompagnée fatalement par d'autres mutilations ne valait que 4.250 F (19 567 €) ! C'est, ironise J. Simon, pratiquer des prix de gros comme à La Villette.

Nos camarades des grandes associations comprirent d'ailleurs que nous avions raison et ils soutinrent nos revendications.

Au surplus, quand on tourne les pages des 23 numéros de La Voix du mutilé, parus en 1923 et 1924, on constate que notre Fédération ne s'enferme pas dans une tour d'ivoire. Si elle lutte pour améliorer le sort de ses ressortissants, elle s'intéresse à tout ce qui touche les victimes de la guerre en général et souvent son action se répercute au-delà des intérêts des grands invalides.


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Le Grand Invalide remplace La Voix du mutilé

Le numéro 1 sort au mois de décembre 1924. Contrairement à La Voix du mutilé, Le Grand Invalide est maintenant l'organe de la F.N.P.G.I.G. La Fédération en est propriétaire et le vice-président Capy en est le gérant.

Naturellement - troisième déménagement - les archives ont été transférées de la rue de Flandre à la rue d'Enghien, qui fut pendant un mois le siège provisoire de la Fédération.



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Quatrième déménagement

Mais le numéro 2 du Grand Invalide qui paraît en janvier 1925 annonce fièrement : « Nous sommes maintenant chez nous. » En effet, la Fédération a installé son siège dans l'île Saint-Louis, au n° 10 de la rue St-Louis-en-l'IIe, qui conserve aujourd'hui encore le caractère du vieux Paris. Siège relativement digne des Plus Grands Invalides de Guerre malgré son étroitesse et son confort suranné. une trentaine de mètres de surface y compris un petit bureau séparé, la tout chauffé par un poêle à charbon et éclairé par deux becs de gaz. Mais il est accessible aux voiturettes.

La Fédération y demeurera cependant sept ans. N'oublions pas que la crise du logement était à cette époque plus sévère que jamais.

La présidence de L. Démogé fut marquée, tout d'abord, par le redressement financier de la Fédération et par une recrudescence de ses activités auxquelles son distingué secrétaire général, Pierre Régnier, participait avec intelligence.

Avant d'entamer la période postérieure aux deux premières années d'existence de la Fédération nationale des Plus Grands Invalides de Guerre, disons que ses pionniers, mal logés, mal outillés et handicapés par leurs graves mutilations, ceux que le général Gouraud avait un jour qualifiés de « Gradés de la blessure », ont courageusement lutté pour arracher, lambeau par lambeau, des conditions de vie dignes des grands invalides avec l'appui, il faut le dire, du groupe des députés mutilés dont certains noms sont souvent cités dans « la Voix du mutilé » : colonel Picot, le légendaire président de l'Union des blessés de la face, Miellet, qui devint ministre des Pensions en 1933 ; Taurines, Ricolfi…



Le Grand Invalide nouvelle formule

Dès le mois de février 1925, notre organe mensuel prend figure de grand journal, il double son format On y trouve d'excellents articles et études du secrétaire général Pierre Régnier qui démontre, chiffres à l'appui, que le montant des pensions de guerre est très loin de suivre les hausses du coût de la vie. Il préconise l'institution d'une échelle mobile. C'est en somme l'idée en herbe de l'indexation des pensions qui attendra 1948 pour voir le jour, grâce à l'action énergique du Comité d'Entente des Grands invalides de guerre créé en 1937 et qui groupera les Aveugles, les Plus grands invalides, les Amputés, les Gueules cassées, les Trépanés, les Blessés multiples.

Régnier mène campagne en faveur des paraplégiques de guerre atteints en outre de troubles, voire de l'abolition totale du fonctionnement des sphincters, dont les taux de pensions étaient misérables. Là encore il fallut attendre bien des années pour que leurs pensions deviennent plus en rapport avec cette très grave invalidité.



L'autorité de la Fédération s'affirme

Ses dirigeants sont membres de diverses commissions officielles. Le président Démogé est administrateur à l'Office national des mutilés. Capy est membre de la commission supérieure de l'appareillage où il dénonce l'état archaïque des membres artificiels, des accessoires, des voiturettes construites selon un gabarit unique quel que soit le mutilé et éclairées d'un lumignon à huile qui s'éteint au moindre cahot. Régnier est membre de la commission ministérielle chargée de mettre au point la réglementation de l'hospitalisation des grands invalides, dont il a signalé l'incohérence au ministre des pensions. Garans est membre du comité départemental de l'Office des mutilés et membre de la commission de contrôle des soins gratuits.

Berrier avait été nommé secrétaire administratif afin de mettre de l'ordre dans les archives et de créer une comptabilité, ce qu'avait totalement négligé le successeur du président Jacques Simon. Berrier, jeune homme intelligent, sérieux et travailleur, attendit d'avoir achevé sa mission avant de donner sa démission pour se retirer dans son pays natal sur les conseils formels du corps médical. Son départ sera par la suite durement ressenti par la Fédération.



Premiers résultats de l'action

Les interventions de la Fédération commencent à porter des fruits. La loi de finances pour 1927 majore les allocations aux grands invalides. En ce qui concerne, notamment, les invalides à plus de 100 %, l'allocation n° 5 passe de 3.500 F à 4.900 F (16 130,31 €) et, grâce à une action commune avec nos amis de l'U.A.G., l'allocation n° 5 bis est portée de 7.000 à 10.000 F (32 919 €), alors qu'au départ le gouvernement avait décidé de ne majorer que le taux des pensions principales de 1919.

D'autre part la commission supérieure de l'appareillage a manifesté son désir de tenir compte de nos protestations et de moderniser les appareils et les voiturettes, ainsi que son intention de faire attribuer un fauteuil roulant d'appartement aux paraplégiques et aux amputés des deux jambes. Il sera procédé à des concours parmi les fabricants.



La Fédération devient de plus en plus active

Ce qui fait dire à Pierre Régnier, dans son rapport moral à l'assemblée générale du 11 avril 1926 : « La Fédération est maintenant parée pour une longue vie. » Heureuse prédiction, qu'il contribuera lui-même d'ailleurs, de toutes ses forces, à réaliser.

De leur côté, les sections de province prolifèrent et s'animent de plus en plus. Celle du Finistère est devenue régionale, englobant les cinq départements bretons. « Le Grand Invalide » fait une large place à ses assemblées générales auxquelles le président fédéral et plusieurs membres du comité directeur assistent pour rendre hommage à nos camarades bretons qui ont répondu en masse à l'appel de Georges Gauriault en 1923, 1924 et 1925. Lorsque ce dernier fut muté par son administration au port de Cherbourg, Édouard Carajat lui succéda en 1926, puis de Kérautem en 1927. Les cinq départements devinrent plus tard autonomes.



La Flamme et les Plus Grands Invalides

Le 14 juillet 1924, la Fédération avait eu l'honneur de raviver la flamme du tombeau du Soldat inconnu. Depuis, le même jour, chaque année, un cortège de grands mutilés traverse la place de l'Étoile, drapeaux en tête, suivis des voiturettes alignées sur deux rangs qui se sépareront de chaque côté du tombeau.
Depuis la seconde guerre mondiale, un mutilé de 1914-1918 et un mutilé des guerres postérieures joignent leurs mains sur le glaive qui va raviver la flamme. Les honneurs sont rendus par une haie de gardes républicains en grande tenue. Une clique militaire exécute les sonneries réglementaires.

De nombreux Parisiens assistent tous les ans à cette poignante cérémonie du souvenir, visiblement impressionnés à la vue de ces grands mutilés venus, malgré fatigues et souffrances, se recueillir devant la dalle sacrée sous laquelle repose le Soldat inconnu, symbole des morts au champ d'honneur.




Quelques-uns des "gradés de la blessure" selon le mot du général Gouraud,
président d'honneur de la Fédération, présent sur cette photo (à droite).
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1927

La Fédération des Plus Grands Invalides de Guerre est reconnue d'utilité publique par décret du président de la République, Gaston Doumergue, du 23 juillet 1927.

Les Plus Grands Mutilés de Guerre belges sont les hôtes de la Fédération du 21 au 27 mai. L'œuvre belge des automobiles pour invalides de guerre, alors présidée par M. Marx, les a amenés à Paris par la route. Ils y sont frénétiquement acclamés par le public parisien qui se souvient des sacrifices consentis par la vaillante armée belge pour retarder l'avance de l'envahisseur en août 1914, ce qui permit à l'armée française de gagner la bataille de la Marne.


Les Plus Grands Invalides de Guerre Belges à Paris.

Photographie prise à la Présidence de la République

Le 24 avril, l'assemblée générale de la F.N.P.G.I.G. rassemble 500 congressistes à la mairie du 6e arrondissement, sous la présidence d'honneur du ministre des Pensions, M. Louis Marin.

Les 11, 12 et 13 novembre, les Associations d'A.C. et V.G. de la France entière tiennent Les États généraux de la France meurtrie au château de Versailles, dans l'immense salle où députés et sénateurs assemblés élisaient naguère le président de la République. Les représentants de deux millions d'A.C. et V.G. y ont décidé de réaliser un front unique. Ce fut la création de la confédération nationale. La clôture fut marquée par un discours de M. R. Poincaré, président du Conseil, prononcé du haut du balcon du roi devant les milliers de délégués massés dans la cour royale avec leurs 500 drapeaux. Notre Fédération était représentée par nos camarades Démogé, Berrier, Capy, Garans et Gauriault.


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1932

La Fédération déménage pour la cinquième fois. Elle quitte la rue St-Louis-en-l'Ile pour s'installer, le 1er février, 18, rue Fabert (Esplanade des Invalides). Elle y restera cinq ans, jusqu'au moment où les locaux seront devenus insuffisants en raison du développement des services du secrétariat.

L'action de Dormann appuyée par la Fédération a porté ses fruits. La loi du 2 janvier 1932 accorde un grade supplémentaire dans la Légion d'honneur aux grands mutilés à plus de 100 % pour blessures reçues en combattant l'ennemi, le traitement afférent à ce grade n'est toutefois pas admis.

Le conseil fédéral du 19 mars confie à Pierre Régnier l'intérim de la présidence de la Fédération, la santé du président Julienne étant sérieusement ébranlée.


Les activités de notre Fédération, le caractère nouveau de son journal Le Grand Invalide, ses travaux, ses interventions, provoquent un afflux d'adhésions nouvelles, une centaine par mois, malgré la rigueur des conditions de recrutement.

Alexandre Berrier, vice-président, meurt en juillet des suites de ses terribles mutilations. Jusqu'au bout, notre charmant et dévoué camarade s'est intéressé au travail de la Fédération. Tous ses amis le pleurent.

Pierre Julienne donne en octobre sa démission de président fédéral pour raison de santé. Le conseil d'administration élit à l'unanimité Pierre Régnier pour lui succéder. Une ère nouvelle, qui durera 35 ans, s'ouvre pour la Fédération.

Etienne Millot est élu secrétaire général en remplacement de Henri Legendre élu vice-président.

Depuis longtemps la Fédération proteste contre les injustices dont sont victimes les grands invalides. La confédération nationale des anciens combattants désigne une commission pour étudier le problème, elle est composée de : Jourdan et Quart, de L'Union fédérale ; Maillard, de la Semaine du combattant ; Pérès, de la Fédération des Amputés ; Gauriault, des Plus Grands Invalides.


1933

M. Miellet, qui a été nommé ministre des Pensions en décembre 1932, attache P. Régnier à son cabinet. Régnier s'inspire des travaux de la commission de la confédération pour convaincre le ministre qu'il y a lieu de déposer un projet de loi instituant un statut des grands mutilés de guerre.

Les premières promotions au grade supplémentaire dans la Légion d'honneur des Plus Grands Invalides blessés devant l'ennemi commencent à être publiées au Journal Officiel. Pour la seule année 1933, 1.459 membres de la Fédération ont été promus.

Il est question en haut lieu de réduire la pension des invalides occupant un emploi. La Fédération envoie à tous les parlementaires un rapport faisant savoir qu'elle s'oppose énergiquement à tout projet qui toucherait au droit à réparation.

Pour la première fois le congrès de la Fédération est suivi d'un banquet. Il se tient à l'hôtel Lutetia le 7 mai, à 20 h 30, sous la présidence de M. Miellet, ministre des Pensions.

Trois jours plus tard, le Sénat discute le budget. M. Miellet réplique sévèrement aux critiques du rapporteur de la commission des Finances qui estime que le personnel de l'Institution des invalides est trop nombreux. Si vous saviez comme moi, dit-il, ce que sont les pensionnaires de l'Institution et les soins journaliers qu'exigent leurs glorieuses blessures, vous ne trouveriez pas excessif le nombre des infirmières.

Notre camarade Piot, conseiller à l'ambassade de France à Bruxelles, fait parvenir à la Fédération un état comparatif des pensions de guerre. On y découvre que les pensions françaises sont inférieures aux pensions belges d'environ 30 à 40 % selon les catégories. D'autre part les mutilés graves des deux jambes sont aidés pour acquérir une petite auto et reçoivent une allocation de 25 litres d'essence par mois. Les invalides belges ont droit aux soins gratuits, même pour les affections n'ayant aucun rapport avec la guerre.


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Deuxième partie
de 1928 à 1937
Troisième partie
de 1938 à 1948
Quatrième partie
de 1949 à 1972

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