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À CETTE PAGE :
11. SYSTÈME SYMPATHIQUE 12. MUSCLES
a). Nerfs périphériques d) Nerf pneumogastrique g) Sympathose diffuse b) Parathyroïde e) Surrénales a) Atrophies musculaires inyopathiques
b) Causalgie e) Sympathique cervical Glandes endocrines c) Hypophyse f) Testicules b) Atrophies musculaires myélopathiques
c) Paralysie radiculaire
du plexus brachial du type inférieur
f) Sympathique thoraco-abdominal a) Corps thyroïde d) Glande pinéale g) Ovaires

Désignation des infirmités Pourcentage d'invalidité
(p. 100)
Pourcentage réservé aux bénéficiaires des articles L. 12 et L. 13 bis du code lorsque ce pourcentage est plus avantageux
(p. 100)
1887 1915

11. SYSTÈME SYMPATHIQUE

On tend à réunir sous ce vocable le système nerveux régulateur des fonctions de nutrition et de reproduction. Il comprend essentiellement le grand sympathique ou orthosympathique et le système vagal ou parasympathique, dont les fibres végétatives du pneumogastrique forment la partie principale.

Actuellement, il n'y a pas lieu de faire un chapitre spécial pour la pathologie du sympathique. Il suffit de situer les troubles du sympathique dans les chapitres topographiques adéquats :

a) Nerfs périphériques. L'incapacité est augmentée par l'adjonction de troubles sympathiques : causalgie, sympathalgie, troubles vaso-moteurs, secrétoires, trophiques, réflexes, troubles physiopathiques sympathogénétiques.

b) Causalgie. La douleur brûlante décrite par Weir-Mitchell dans certaines blessures des nerfs contenant des éléments sympathiques (médian, sciatique) est curable et souvent sous la dépendance d'un facteur constitutionnel (caractère inquiet) ; elle persévère quelquefois.

Son évaluation doit s'ajouter à celle de la blessure des nerfs, mais ne doit pas faire s'élever l'incapacité totale au-dessus de 80.

c) Paralysie radiculaire du plexus brachial du type inférieur Klumpke :

*

350

*
Côté actif .............................................................................
Côté opposé ........................................................................
Avec syndrome de Claude-Bernard-Homer, en plus ..........
60
50
5
* 30
20

d) Nerf pneumogastrique. Se distribuant au poumon, au cœur et au tube digestif, le pneumogastrique a dans ses troubles une physionomie viscérale. On doit donc se reporter aux affections assimilables. L'asthme mérite cependant d'être étudié avec le pneumogastrique, car il est l'expression respiratoire de son excitabilité anormale.

Son incapacité peut être ramenée à deux paliers :

Asthme sans signes permanents d'affection pulmonaire (voir « Barème des affections pulmonaires »).

Asthmes avec signes permanents d'affection pulmonaire selon la gravité (voir « Barème des affections pulmonaires »).

* * *
e) Sympathique cervical.

Syndrome d'excitation (mydriase, exophtalmie, élargissement de la fente palpébrale, pâleur, hypéridrie) ......
Avec hypéridrose, anhidrose marquée unilatérale ................
Syndrome de paralysie (myosis, enophtalmie, rétrécissement de la fente palpébrale, rougeurs, anhidrie).....
5
10

5 à 10
* *
f) Sympathique thoraco-abdominal. Les blessures et les affections de la chaîne sympathique dorsolombaire, outre les troubles cutanés vaso-moteurs, pilomoteurs, secrétoires et trophiques, se manifestent par des troubles du rythme cardiaque, du débit sanguin pulmonaire, du transit digestif, de la secrétion urinaire ou surrénale. Les lésions sans manifestations viscérales ont une incapacité de ...................

Avec manifestations viscérales, leur incapacité doit être établie en se reportant aux affections thoraco-abdominales correspondantes.






5 à 10



351

*

g) Sympathose diffuse. L'analyse des troubles nerveux consécutifs aux accidents n'est pas épuisée quand on a ramené les unes à une lésion organique du système nerveux et les autres à une origine psychique, émotion, pithiatisme, exagération, simulation, revendication. Rentrent dans la sympathose diffuse les troubles nerveux d'origine physiopathique à physionomie vasomotrice, pilomotrice, sécrétoire, viscérale, qu'on peut ramener à deux types principaux :

1. Sympathose diffuse à prédominance vagotonique ou d'hyperexcitabilité du pneumogastrique (asthénie et anxiété surtout matinales, pouls lent, réflexe oculo-cardiaque exagéré, tendance aux sueurs, aux syncopes, à l'asthme, à l'hyperchlorhydrie, à la constipation), syndrome physiopathique, dont la constatation au cours d'une neurasthénie post traumatique, par exemple, doit la faire considérer comme sérieuse et entraîner une incapacité de

10 à 50 * *
2. Sympathose diffuse à prédominance orthosympathique répondant à la psychonévrose émotive de Dupré (ataxie vasomotrice avec hyperémotivité et tachycardie, réflexe pilomoteur exagéré, tendance à l'hypertension artérielle, l'insomnie, la mydriase, l'élévation de la température, la glycosurie).

Syndrome physiopathique, dont la constatation au cours d'une hystéro neurasthénie post-traumatique par exemple, doit la faire considérer comme sérieuse et entraîner une incapacité de ..................................................................
10 à 50 * *
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GLANDES ENDOCRINES
(15)
La pathologie des glandes à sécrétion interne est encore obscure en certains points. Aussi ne seront envisagées ici que les affections endocrines, dont la symptomatologie est aujourd'hui assez précise pour permettre une application pratique.
a) Corps thyroïde. Les perturbations thyroïdiennes comprennent, d'une part, les tumeurs dont font partie les goitres simples (voir « Goitres, Tumeurs ») et, d'autre part, les syndromes liés à des perturbations des sécrétions glandulaires (syndrome de Basedow, insuffisance thyroïdienne).

1. Le syndrome de Basedow ou goitre exophtalmique est caractérisé par l'exophtalmie, l'augmentation du corps thyroïde, la tachycardie, le tremblement, l'augmentation du métabolisme de base, l'hyperémotivité, etc.

Depuis les formes légères jusqu'aux formes mortelles tout à fait exceptionnelles, le goitre exophtalmique présente une série de variétés entraînant des différences d'incapacité. On peut à ce point de vue admettre trois paliers :
* * *
Goitre exophtalmique sans troubles viscéraux et avec bon état général ......................................................................... 5 à 20

352

*
Goitre exophtalmique avec troubles viscéraux et amaigrissement ................................................................... 25 à 50 * *
Goitre exophtalmique avec troubles viscéraux graves et cachexie très prononcée et persistante ................................ 55 à 100 * *
2. Myxœdème. Le myxœdème ou cachexie strumiprive est l'expression syndromique de l'insuffisance thyroïdienne.

Au point de vue de l'invalidité on doit distinguer deux paliers :

* * *
Le myxœdème sans troubles mentaux graves ..................... 25 * *
Myxœdème avec troubles mentaux graves (voir « Troubles mentaux »)  ........................................................................ 55 à 100 * *
3. Syndrome léger d'insuffisance thyroïdienne. Dans un certain nombre de cas, l'insuffisance thyroïdienne, tout en existant, ne se caractérise pas par un myxœdème franc, mais seulement par du retard du développement, une petite taille, de la tendance à l'obésité, de la frilosité, de l'apathie, de la torpeur intellectuelle ou de la somnolence, des tendances aux douleurs articulaires et à la constipation 5 à 20 * *
b) Parathyroïdes. Des syndromes parathyroïdiens ne sera retenue que la tétanie liée à une insuffisance parathyroïdienne telle qu'on l'a observée après des thyroïdectomies. L'insuffisance calcique parathyroïdienne n'est d'ailleurs que le facteur le mieux connu ; la tétanie peut dépendre d'autres cas : * * *
Forme légère et intermittente avec bon état général ............
5 à 15 * *
Forme grave avec atteinte de l'état général ......................... 20 à 50 * *
c) Hypophyse. Sans entrer dans la discussion des relations réciproques de la région du tuber cirénéum et de l'hypophyse dans le mécanisme des syndromes dits hypophysaires, nous ne retiendrons parmi eux que l'acromégalie et le gigantisme et, d'autre part, le syndrome adiposo-génital.

Diabète sucré ou insipide  ...................................................
5 à 30 * 30 à 70
(15) Voir également décret n° 53-438 du 16 mai 1953, p. 426.
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ACROMÉGALIE


L'acromégalie ou maladie de Pierre Marie est caractérisée par l'hypertrophie de l'extrémité céphalique, des pieds et des mains et par l'élargissement de la selle turcique liée à une hypertrophie hypophysaire. Déformation simple, avec troubles fonctionnels .........................................................

En cas d'hémianopsie, cécité, etc., voir les chapitres correspondants.
5 à 15



* *

GIGANTISME


Le gigantisme hypophysaire est, peut-on dire, l'acromégalie du jeune homme dont les cartilages juxta-épiphysaires ne sont pas ossifiés.

Gigantisme simple ..............................................................
0 * *
Gigantisme hypophysaire ou infundibulotubérien avec troubles fonctionnels (infantilisme, débilité mentale) ........... 5 à 20 * *
d) Macrogénitosomie. Quoique très mal connue, la physiopathologie de la glande pinéale permet cependant de considérer la macrogénitosomie comme pouvant être l'expression d'un trouble évolutif d'origine pinéale. La macrogénitosomie est un syndrome caractérisé par le développement très précoce des organes génitaux avec l'apparition des caractères sexuels secondaires. * * *
e) Capsules surrénales. La physiopathologie des surrénales permet d'envisager trois groupes distincts, le syndrome d'Addison, l'insuffisance surrénale sans addisonisme et l'hyperépinéphrie.

Syndrome d'Addison. Il est caractérisé par la mélanodermie cutanéo-muqueuse avec asthénie, fatigabilité musculaire rapide, hypotension artérielle et douleurs lombaires. Ce syndrome est, en général, lié à la tuberculose surrénale. L'incapacité qu'il entraîne doit être évaluée par palier

20 à 100

353

*
L'insuffisance surrénale sans mélanodermie. Elle se caractérise par l'asthénie, la fatigabilité musculaire, l'hypotension artérielle susceptible d'augmentation par la moindre toxi-infection. Elle diminue considérablement la résistance du malade et doit entraîner une invalidité par palier ................................................................................... 20 à 100 * *
Hyper-épinéphrie. Elle est caractérisée par l'hypertension artérielle, l'hypercholestérinémie et quelquefois la glycosurie. L'hyperépinéphrie est souvent liée à la sclérose rénale (voir « Néphrite chronique ») ................................... 10 à 20 * *
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f) Testicules. Dans la pathologie des testicules sont à envisager séparément l'insuffisance de spermatozoïdes et les troubles de la sécrétion entraînant des syndromes tels que l'infantilisme, l'eunuchisme et le féminisme.
Infantilisme. L'infantilisme est un syndrome caractérisé par la persistance de la morphologie et de la physiologie de l'enfance avec l'absence de puberté et de caractères sexuels secondaires.

Syndrome adiposo-génital. Il est caractérisé par une adiposité générale d'aspect féminin et une insuffisance des organes génitaux avec absence des caractères sexuels secondaires :

Léger  ..................................................................................

Grave ..................................................................................

10 à 20

20 à 40
* *
Féminisme. Le féminisme est un syndrome caractérisé par un aspect morphologique féminin développé chez le jeune homme par suite d'une insuffisance endocrine des testicules empêchant le développement des caractères sexuels secondaires .........................................................................
5 à 15 * *
Eunuchisme. L'enuchisme est un syndrome génitodystrophique tel que les malades prennent souvent l'aspect de vieilles femmes et ont une sénilité précoce liée à leur insuffisance testiculaire. Dans sa forme accentuée, l'eunuchisme répond à la gérodermie génitodystrophique de Romme  ............................................................................... 5 à 30 * *

g) Ovaires. Le guide-barème ne s'applique pas seulement aux militaires, mais aux victimes civiles de la guerre, infirmières, etc. Il y a donc lieu d'envisager les syndromes résultant de perturbations ovariennes, d'autant plus que lors d'une expertise médicale le médecin est tenu d'établir le taux de l'invalidité même dans le cas où l'origine est congénitale ou constitutionnelle et n'a rien à voir avec un accident à indemniser. Il est bien entendu qu'il ne faut pas considérer parmi les syndromes de l'insuffisance ovarienne les manifestations habituelles vaso-motrices, sudorales trophiques et psychiques qui accompagnent souvent la ménopause physiologique même précoce. Ne seront donc envisagés que trois aspects des troubles ovariens: l'hyperovarie, l'hypoovarie et l'anovarie.

Hyperovarie. L'hyperovarie est caractérisée par l'intensité et la fréquence des règles, la fréquence de l'hyperthyroïdie concomitante, l'accentuation des caractères sexuels féminins. L'hyperovarie est plus un mode constitutionnel qu'un véritable syndrome et n'entraîne par suite aucune invalidité.

Hypoovarie. Elle est caractérisée par la diminution ou la suppression des règles, des bouffées de chaleur, l'exagération de l'excitabilité du pneumogastrique avec ralentissement du pouls, des tendances à l'obésité. L'insuffisance ovarienne peut entraîner une invalidité qu'on peut ramener à deux paliers selon qu'elle s'accompagne ou non de troubles mentaux et viscéraux. Dans le premier cas invalidité .............................................................................

Dans le second cas (voir « Troubles mentaux et viscéraux »).

5 à 15



354

*
Anovarie. La suppression totale des fonctions ovariennes, qu'elle soit chirurgicale, thérapeutique ou consécutive à un accident, doit être prise en considération d'autant plus qu'elle survient à un âge plus éloigné de l'âge habituel de la ménopause physiologique.

L'invalidité variera donc de 20 à 30 ....................................
20 à 30 * *

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Désignation des infirmités Pourcentage d'invalidité
(p. 100)
Pourcentage réservé aux bénéficiaires des articles L. 12 et L. 13 bis du code lorsque ce pourcentage est plus avantageux
(p. 100)
1887 1915
12. MUSCLES
a) Atrophies musculaires myopathiques. Ces myopathies primitives sont des affections à caractère ordinairement héréditaire et familial survenant chez les enfants et les adolescents mais peuvent apparaître plus tardivement chez les jeunes gens et même chez les adultes. Ces myopathies se montrent sous différents types cliniques, où l'atrophie musculaire progressive apparaît soit d'une façon évidente, soit sous une forme dissimulée et avec une pseudo hypertrophie des muscles (myopathie pseudo hypertrophique, paralysie pseudo hypertrophique de Duchesne). Ces types cliniques se distinguent aussi les uns des autres par la localisation plus intense dans certains groupes musculaires de la face, du bras, de l'épaule et de la ceinture scapulaire, des membres inférieurs, etc. (myopathie facio-scapulo-humérale, myopathie scapulo-humérale, type Landouzy-Déjerine, type Erb, type LeydenMœblus, type Zimmerlin, Lichorst, etc.).
Quand il sera nécessaire d'évaluer les incapacités résultant des myopathies primitives progressives, on devra fixer les taux, non pas tant sur la constatation de la forme clinique observée, que sur la localisation de l'atrophie musculaire, son extension, la rapidité de l'évolution progressive et surtout les impotences fonctionnelles déjà acquises et celles à prévoir par la marche envahissante de l'affection. Dans ces conditions, on pourra admettre pour taux d'incapacité les chiffres suivants :
*

354

355

*
Myopathies primitives, progressives avec atteinte localisée ou presque localisée aux membres inférieurs 30 à 60 (16) * *
Myopathies avec atteinte localisée ou presque localisée aux membres supérieurs et à la ceinture scapulaire 40 à 70 (16) * *
Myopathies avec atteinte de la face 50 à 90 (16) * *
Myopathies avec atteinte de la face et gêne considérable de la mastication, de la déglutition, de la phonation, etc. 100 (16) * *
Atrophie musculaire progressive ayant envahi tout un membre, ou incomplètement deux membres ou s'étendant aux muscles du tronc .......................................................... * 65 *
Atrophie musculaire progressive constituée ....................... * * 60 à 70
En dehors des atrophies musculaires précédentes, myélopathiques ou myopathiques, fixes ou progressives, il faut rappeler ici l'existence relativement rare d'atrophies musculaires, d'aspect clinique variable, de localisations et d'intensité différentes, de pathogénie encore incertaine, pouvant se rencontrer à la suite de maladies infectieuses graves et même de commotions nerveuses. Ces atrophies musculaires peuvent être définitives, comme elles peuvent être régressives et même disparaître après un temps plus ou moins long.

b) Atrophies musculaires myélopathiques (voir plus haut).

* * *

13. OS ET ARTICULATIONS


En cas de complication ostéo-articulaire, voir les chapitres spéciaux du guide-barème.
* * *
(16) À moins que la dissociation de l'infirmité en ses différents éléments (impotence de chaque membre et les différents troubles accessoires) donne un pourcentage plus élevé par suite, soit du mode de décompte du taux de la pension, soit du droit au bénéfice des dispositions des articles L. 17 et L. 36 à L. 40 du code.

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"Guide-barème des invalidités" du ministère de la défense - Bulletin officiel des armées - n° 364-O* - pages 350 à 355