RETOUR À LA TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES

À CETTE PAGE :
BÉRIBÉRI

DIARRHÉE CHRONIQUE DES PAYS CHAUDS
ULCÈRE CHRONIQUE DES PAYS CHAUDS

LÈPRE
ÉLÉPHANTIASIS

DÉCHÉANCE ORGANIQUE TROPICALE

Désignation des infirmités Pourcentage d'invalidité
(p. 100)
Pourcentage réservé aux bénéficiaires des articles L. 12 et L. 13 bis du code lorsque ce pourcentage est plus avantageux
(p. 100)
1887 1915
BÉRIBÉRI.    414/415

Le béribéri est une polynévrite qui règne à l'état endémo épidémique dans plusieurs régions chaudes et même tempérées du globe.

Ce qui donne à cette polynévrite son cachet, ce qui la rend grave et même trop souvent mortelle, c'est qu'elle ne se cantonne pas aux membres et qu'elle intéresse les nerfs du cœur et de la respiration.

Elle se présente sous deux formes cliniques très différentes d'aspect : la forme sèche, caractérisée par des paralysies et par des amyotrophies qui décharnent le patient et le réduisent à l'état squelettique ; la forme humide, dont le principal symptôme est l'anasarque et l'épanchement dans les diverses séreuses.

La mortalité au cours de certaines épidémies est effroyable : elle reconnaît pour cause la névrite du phrénique (paralysie du diaphragme), la névrite du pneumogastrique et de ses branches cardiaques pulmonaires ou laryngées, d'où la syncope, l'asystolie, l'orthopnée, l'asphyxie.

Parmi ceux qui échappent à ces nombreuses causes de mort, beaucoup ne sont pas définitivement guéris. Les rechutes sont, en effet, très fréquentes.

Elles peuvent être multiples et s'échelonner sur une dizaine d'années. Certains indices peuvent faire présumer un retour offensif ; ils doivent être soigneusement recherchés par le médecin qui a la charge d'examiner un individu atteint autrefois de béribéri. Des placards d'hypoesthésie subsistant après guérison apparente, une parésie partielle persistante, l'absence d'un réflexe rotulien, de l'œdème prétibial réapparaissant après une station debout quelque peu prolongée permettent d'affirmer que la maladie n'est qu'assoupie et non pas éteinte.

Bien plus grave est l'état des malades qui présentent des signes d'insuffisance cardiaque. Beaucoup, au repos, ont un pouls régulier et de fréquence normale. Mais, pour peu qu'ils fassent un effort, le nombre des pulsations peut doubler. Ils ne sont pas rares les anciens béribériques qui gardent, pendant toute leur vie, une accélération insolite du pouls dont la fréquence s'exagère au moindre mouvement. Ces malades sont de véritables infirmes : certains ne peuvent exercer aucune profession manuelle.

Le béribéri, après guérison, peut laisser des séquelles. Aux membres supérieurs, les paralysies et amyotrophies consécutives déterminent divers types de griffes. Au début les attitudes vicieuses sont réductibles ; plus tard, la rétraction des tendrons et des ligaments les rend définitives.

Chez les malades qui ont été longtemps confinés au lit par la paralysie et l'amyotrophie, la rétraction des muscles du mollet persiste après guérison et fixe le pied en varus équin, ce qui oblige d'anciens béribériques à marcher uniquement sur les orteils, le talon élevé.

Évaluation de l'invalidité.
1. Béribéri à la phase initiale relève uniquement du traitement, de .......................................................................

2. Béribéri après la phase initiale et son traitement :
a) Avec troubles cardiaques, tachycardie, instabilité cardiaque, cas légers, de .....................................................
b) Mêmes troubles cardiaques, mais très accusés, cas moyen, de ...........................................................................
c) Cas graves, dilatation du cœur, asystolie confinée, de ....

3. Séquelles de béribéri attitudes vicieuses définitives, pied-bot, varus équin, mains en griffes, etc.
L'invalidité sera établie, pour chacune de ces séquelles en conformité des indications du guide-barème à ces différents chapitres.

1 à 9



20 à 60

60 à 80
80 à 100






65






60 à 100

60 à 100






RETOUR À LA TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES                                                   Haut de page

DIARRHÉE CHRONIQUE.

La diarrhée chronique des pays chauds ou diarrhée de Cochinchine est une entérite qu'on observe habituellement sous la forme chronique. Elle est caractérisée par un état dyspeptique, une inflammation de la muqueuse intestinale avec des sécrétions et des fermentations anormales, d'où une altération plus ou moins profonde de la digestion et de l'absorption intestinale et une diarrhée dont les manifestations sont très variables.

Les selles ne contiennent jamais les mucosités sanguinolentes de la dysenterie.

D'une couleur variant entre le jaune paille et le jaune brun, elles sont souvent spumeuses et boursouflées par les gaz de la fermentation intestinale, leur réaction est acide.

Le foie est atrophié.

La digestion et l'assimilation des aliments sont très défectueuses et si la maladie se prolonge, la dénutrition augmente peu à peu, l'amaigrissement devient progressif jusqu'à la cachexie.

Mais dans les cas légers, avec deux ou trois selles par jour, l'état général peut rester satisfaisant sans que le malade interrompe ses occupations. Le nombre des selles n'est pas toujours en corrélation avec l'altération de la santé générale. C'est donc l'état de dépérissement du malade qui doit fixer le degré de l'invalidité.

L'expertise de la diarrhée chronique sera toujours basée sur une hospitalisation préalable de quatre jours au moins.

Évaluation de l'invalidité.
Les cas légers, de ................................................................
Cas moyens, de ...................................................................
Cas graves, de .....................................................................
1 à 25
30 à 45
50 à 100

415/416

*
RETOUR À LA TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES                                                   Haut de page

ULCÈRE CHRONIQUE DES PAYS CHAUDS.


L'ulcère chronique des pays chauds est produit par l'infestation fuso-spirillaire.

Dans ses formes graves et chroniques elle peut s'étendre en surface et décortiquer tout un segment de membre, laisser des cicatrices vicieuses et rétractiles ou bien gagner en profondeur, ouvrir des vaisseaux déterminant ainsi la mort subite ou bien pénétrer dans les articulations avec productions d'arthrites purulentes.

Ces différentes lésions d'ordre chirurgical sont susceptibles de laisser derrière elles des séquelles d'ordre divers.

Évaluation de l'invalidité.
L'invalidité sera évaluée conformément aux indications du guide-barème (cicatrices, raideur articulaire, ankylose, etc.).

Ulcères profonds, étendus ou multiples des pays chauds ....

416

65 60 à 80

LÈPRE.


La lèpre est au même titre et plus encore que la tuberculose une maladie essentiellement chronique. Malgré les rémissions qui ont été observées sous l'influence de divers traitements, on en est encore à attendre le premier cas de guérison réelle d'une lèpre confirmée.

Comme pour la tuberculose, il y a des lèpres ouvertes et des lèpres fermées, mais une lèpre fermée peut devenir ouverte inopinément.

Il est de règle de proscrire pour les lépreux l'exercice de certains métiers qui peuvent les exposer à transmettre les germes de leur affection, les administrations se refusent à tort ou à raison de conserver dans leurs emplois les lépreux, même peu atteints.

Il résulte de cet état d'esprit que, pour un lépreux, le degré d'invalidité n'est pas en concordance avec la gravité des lésions. D'ailleurs, malgré les traitements les plus actifs, celles-ci souvent progressent et l'invalidité réelle ne fait qu'augmenter.

Évaluation de l'invalidité.

On doit considérer qu'un homme atteint de lèpre a perdu, du fait même que le diagnostic a été porté, plus de la moitié de ses moyens d'existence, donc :
Lèpre constatée ...................................................................
Forme de gravité moyenne .................................................
Mutilation très étendue .......................................................
(Toutes localisations et complications comprises.)
65 à 100


65
65
65

30 à 50
100

RETOUR À LA TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES                                                   Haut de page

ÉLÉPHANTIASIS.

Il reconnaît plusieurs causes, dont la plupart ne sont pas déterminées. Les varices lymphatiques de la filaria nocturna et les lésions causées par la filaria volvulus y entrent pour une part.

Bien plus souvent l'éléphantiasis procède par poussées érysipélateuses successives.

Quelle qu'en soit l'origine, il est la cause d'une impotence définitive que les opérations ne peuvent qu'atténuer.

Évaluation de l'invalidité.

Éléphantiasis suivant le degré d'invalidité fonctionnelle, de 
a) Forme de gravité moyenne .............................................
b) Très développé ...............................................................
10 à 100

417

30 à 50
100

DÉCHÉANCE ORGANIQUE TROPICALE.

Le climat tropical se caractérise par une chaleur excessive (car les rayons du soleil qui sont verticaux deux fois par an ne sont jamais éloignés de la verticale), une grande humidité par suite du voisinage du pot au noir ou cIeud ring, une forte intensité solaire, de brusques dépressions barométriques (typhons, cyclones), une augmentation de la tension électrique.

Tous ces facteurs météorologiques exercent des agressions permanentes contre l'organisme européen et le soumettent à de dures épreuves pour maintenir son équilibre fonctionnel. Le métabolisme cellulaire est profondément troublé sous les tropiques : respiration plus rapide, abaissement de la tension vasculaire, ce qui prédispose aux congestions ; fonctions digestives lentes et paresseuses (hyperchlorhydrie tropicale), insuffisance hépatique et rénale par encombrement de déchets toxiques, etc. L'Européen qui vit aux colonies est un véritable accidenté climatique dont la résistance devant les infections est considérablement diminuée. Cet ensemble morbide, auquel s'ajoutent les traces invisibles et silencieuses des atteintes de maladies endémiques, cliniquement guéries en apparence, frappe l'Européen d'une usure organique générale qui est proportionnelle à l'insalubrité des milieux exotiques où il a vécu et à la durée des séjours qu'il y a accomplis. Elle pourrait être évaluée comme il suit :

Évaluation de l'invalidité.

Déchéance organique due à des séjours prolongés en milieu tropical sans manifestations morbides caractérisées ..
1 à 40

417

*

RETOUR À LA TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES                                                   Haut de page

"Guide-barème des invalidités" du ministère de la défense - Bulletin officiel des armées - n° 364-O* - pages 414 à 417