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Histoire du mouvement

La Fédération nationale des Plus grands invalides de guerre (FNPGIG)
organisme fondateur

Contexte historique

Au lendemain de la guerre 1914-1918, l'ampleur des dommages causés, tant aux militaires qu'aux populations civiles, a conduit les pouvoirs publics à mettre en place un nouveau dispositif législatif (loi du 31 mars 1919) et réglementaire destiné à indemniser l'ensemble des victimes. À cette occasion, le droit à réparation a été formellement consacré, se traduisant par une séparation entre pensions d'ancienneté et pensions d'invalidité, confondues dans le droit précédent.

Grands mutilésCependant, le périmètre d'application de la loi s'est révélé insuffisant : les amputés double ou triple ainsi que les paralysés n'étaient pas reconnus au juste niveau.

Avec la volonté d'amender cette législation, nos aînés décidèrent de créer un groupement de type associatif au titre sans équivoque : « Les grands mutilés », Fédération nationale des Plus grands invalides de guerre (FNPGIG). Ils se donnèrent pour objectif essentiel de développer entre les membres des sentiments de solidarité et d'entraide, mais aussi, et surtout pour ambition de représenter l'ensemble des plus grands mutilés de guerre - « les premiers derrière les morts » - dans la défense de leurs droits acquis et l'amélioration de leur implacable condition. Plus directement, la FNPGIG réservée aux mutilés relevant du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre et ayant un taux d'invalidité au moins égal à 100 % et 1 degré, voulait éclairer les pouvoirs publics sur les difficultés de vie quotidienne de cette population. Créée en 1922, elle a été reconnue d'utilité publique par décret en date du 23 juillet 1927.


Inquiétude pour l'avenir

Après plus de quatre-vingts années de dévouement et de services, le constat est inéluctable: la fédération repose sur des bases sans cesse plus fragiles. La condition de grand invalide et la moyenne d'âge des membres adhérents - près de 90 % a plus de 65 ans - constituent des ferments d'incertitude, pour ne pas dire d'inquiétude, au regard de la pérennité de l'association. Le rajeunissement des effectifs, lié au nombre, à la nature et à l'importance des conflits, n'est plus garanti, ce qui, au demeurant, constitue une bonne nouvelle.

Effectifs 2007/2011Cependant, la grande œuvre bâtie par les aînés devait-elle pour autant s'éteindre? Non, cette fatalité a été refusée. Le patrimoine accumulé au fil du temps par plusieurs générations du feu ne pouvait pas disparaître. Il devait au contraire continuer à servir la vocation pour laquelle il s'était peu à peu constitué. Pour s'inscrire dans la continuité, il était nécessaire de trouver une structure d'accueil pérenne, ce qu'une association, par nature, n'est pas.

La réflexion sur cette question n'était pas nouvelle: dès le printemps 1990, le préfet Blanc, directeur de l'Office national des anciens combattants, se prononçait en faveur d'un regroupement des associations du comité d'entente des invalides de guerre. L'idée était judicieuse, mais les consciences n'étaient pas prêtes. Il fallait attendre 1993 pour observer les premières volontés d'évolution: l'une des composantes du comité d'entente, l'Union des Blessés de la Face et de la Tête (UBFT), décidait d'étudier la création d'une fondation à laquelle la FNPGIG exprimait, dès 1995, l'intention de participer. Cependant, la vocation de cette entité, spécialisée dans les infirmités touchant plus particulièrement la tête, s'avérait trop éloignée des préoccupations des grands mutilés. Dès lors, aucun consensus décisif ne se dégageait et l'UBFT achevait seule son projet qui aboutissait, le 11 avril 2001, à la naissance de la Fondation des Gueules cassées.

La solution

Une œuvre de solidarité

Dolce FarnienteÀ partir de cette époque, l'idée de pérenniser la personnalité morale de la FNPGIG tout en développant sa puissance d'action menait son chemin et devenait une des préoccupations permanentes des dirigeants fédéraux. Témoin scriptural, ce sujet fut régulièrement inscrit à l'ordre du jour de nombreux conseils d'administration et comités directeurs tout au long de la décennie passée. Après dix années de mûrissement, le projet devenait d'autant plus crucial que le temps jouait contre les intérêts de la fédération et de ses adhérents. En nous octroyant un substratum financier solide, la cession d'un établissement de long séjour, propriété immobilière de la FNPGIG depuis 1952, rendait pleinement envisageable la naissance de ce généreux projet. Comme pour toute fondation, les revenus de la dotation devaient garantir des moyens significatifs d'action à long terme.

Les instances fédérales dirigeantes se trouvaient donc face à une responsabilité morale importante. Vis-à-vis des plus jeunes invalides et mutilés et de ceux qui le deviendraient plus tard, le devoir de pérennisation s'imposait. En effet, ceux-ci auraient-ils compris que les efforts consentis par les fondateurs puis par leurs successeurs ne soient pas poursuivis ? La continuité de service devait être maintenue. Dès lors, pour être totalement en phase avec la société civile, pour que l'insertion ne soit pas que l'expression d'une demande passive, les grands invalides de guerre prenaient l'initiative forte de créer une entité agissante dans le champ d'application du handicap.

Des actions centrées sur le handicap

Tierce-personne d'un GIGÀ l'aube du XXIe siècle, les objectifs principaux demeurent intacts. En dépit des avancées multiples en matière de réparation des préjudices subis, certaines questions perdurent. C'est la raison pour laquelle la défense des droits acquis et une meilleure prise en compte de certains concepts tels que la condition de conjoint survivant constituent des préoccupations essentielles, complémentaires du soutien moral et matériel de nos camarades. De même, l'accessibilité dont la FNPGIG a largement démontré son attachement au travers de sa commission « appareillage - aides techniques - accessibilité» créée en 1990, constitue désormais un enjeu majeur de société, propre à livrer un espace-temps non discriminant vis-à-vis de tous les handicaps. De même, concernant la jeunesse, deux types d'action sont définis: d'une part, pour la pratique sportive par les jeunes blessés militaires qu'ils soient en activité professionnelle ou réformés, et même victimes civiles non pensionnées ou atteints par la maladie. D'autre part, associer les jeunes au devoir de Mémoire grâce à l'organisation et la participation à des colloques, ainsi que par la délivrance de prix.

Une action de mécénat centrée sur la recherche fondamentale et appliquée en matière de soins médullaires, d'aides techniques et de perfectionnement d'appareillages objectivera notre volonté de soutenir et collaborer à un secteur contraint par les difficultés budgétaires. La mise en œuvre de ces activités se traduira par la conclusion de conventions de partenariat, notamment avec l'Institution nationale des Invalides, particulièrement intéressée par ce projet de fondation. Les retombées concrètes au profit de l'ensemble des régimes traduiront une volonté de faire profiter le monde civil de l'expérience et du savoir-faire acquis par l'ensemble des organismes publics et de l'administration centrale en charge du handicap de guerre.

« Ils ont des droits sur nous » (Georges Clemenceau, président du conseil)

Georges ClemenceauLes objectifs de la Fondation des Mutilés et Invalides de Guerre veulent répondre aux préoccupations des composantes scientifiques et citoyennes du monde du handicap.

En consacrant aussi une part de son engagement envers les invalides de guerre, elle poursuit l'œuvre de réparation au profit de ceux qui ont tant sacrifié à la Patrie et dont le Père la Victoire, Georges Clemenceau, alors président du conseil, clamait: « Ils ont des droits sur nous », et de ceux, malheureusement à venir, qui sauront y trouver secours.

Dans un contexte où les plus hautes autorités de l'État ont élevé le handicap au rang de grande cause nationale, la pertinence et l'actualité de cette vocation n'en constituent pas les moindres des cautions morales. La cohérence du projet place la Fondation des Mutilés et Invalides de Guerre en phase avec les préoccupations des pouvoirs publics et donc en parfaite symbiose avec la Société.

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