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HUIT PRÉSIDENTS FÉDÉRAUX

POUR UNE FÉDÉRATION DE PLUS DE 80 ANS

À ce jour, huit grands mutilés de guerre ont présidé aux destinées de la Fédération nationale des Plus Grands Invalides de Guerre, initialement intitulée Association nationale des Grands Invalides de guerre.

Les six premiers ont été victimes du devoir au cours de la Première guerre mondiale.

Le septième, Raymond Méray, fut blessé au cours de la seconde guerre mondiale.

Enfin le huitième et actuel président fédéral, Jean-Claude Gouëllain, a été blessé durant la guerre d’Algérie.



Jacques SIMON

Fondateur et premier président

Le Journal Officiel du 15 octobre 1922 annonce la création de l’Association nationale des Grands Invalides de guerre, groupant les bénéficiaires des articles 10 ou 12 de la loi du 31 mars 1919. Son fondateur et président est Jacques Simon qui assume son mandat de 1922 à 1924.

Grand invalide paralysé des deux jambes, il est un militant chevronné d'un important groupement national d'anciens combattants. Il avait en même temps édité une modeste publication mensuelle, dont le titre était La Voix du mutilé, organe de défense des victimes de la guerre. Jacques Simon en est le propriétaire, mais ses colonnes sont largement ouvertes à l'association qu'il vient de créer.

Tout au long de ses articles, Jacques Simon apparaît comme un homme combatif qui ne peut pas souffrir, et qui le dit sans mâcher ses mots, que l'on oublie déjà ce que le pays doit aux anciens combattants et aux victimes de guerre.

Le 2 avril 1924, Jacques Simon démissionne pour raison de santé.


Jacques SIMON



J.E. Réveillard

J.-E. RÉVEILLARD

Deuxième président fédéral

Désigné par Jacques Simon pour le remplacer provisoirement, Réveillard est élu président par une assemblée générale extraordinaire du 4 mai 1924.

Mais le 16 novembre 1924, le conseil d'administration décide de soumettre à l'assemblée générale son exclusion de la Fédération.




Léon-Eugène DÉMOGÉ

Troisième président fédéral de janvier 1925 à octobre 1931.

Blessé à deux reprises en février 1916 (amputation haute du bras gauche, paralysie de la main droite, parésie de la jambe gauche).

Démogé s’est distingué par la remise en ordre des finances de la Fédération qui en avaient un besoin urgent. Mais il doit quitter Paris pour la province, ce qui le conduit à démissionner de la présidence.

Léon-Eugène Démogé était un esprit clairvoyant, un homme droit, foncièrement bon, intransigeant sur le chapitre de l’honnêteté. Il fallait bien le connaître pour découvrir un cœur d’or sous un abord parfois rude.

Commandeur de la Légion d’honneur, Léon-Eugène Démogé, président honoraire de la Fédération, est décédé le 18 février 1971 dans sa 84e année.


L.E. Démogé



Pierre Julienne

Le capitaine Pierre JULIENNE

Quatrième président fédéral d’octobre 1931 à octobre 1932,
jusqu’à l’élection du président Régnier.

Pierre Julienne fit toute la guerre 1914/1918 dans l’armée coloniale. Il reçoit cinq blessures dont la dernière le rendit aveugle. On relève dans sa dernière citation les mots : « bravoure exemplaire…, brillant entraîneur d’hommes…, chef habile et énergique… ».

Plusieurs fois nommé vice-président de la fédération, puis enfin président fédéral, il n’assume cette mission que peu de temps en raison d’une santé bien trop fragile qui le contraint à se retirer.

Il a su cependant se révéler être un défenseur ardent des intérêts dont il avait la charge, apparaissant toujours homme d’honneur et de devoir qui laissera aux cœurs des PGIG un souvenir très respecté et fidèlement gardé.

Pierre Julienne, président honoraire, officier de la Légion d’honneur, est décédé le 19 octobre 1949.




Pierre RÉGNIER

Cinquième président fédéral de 1932 à 1966

Le président Pierre Régnier est assurément la figure de proue de notre Fédération, l’une des plus charismatiques parmi les grands mutilés. Sa très vive intelligence, ses vertus morales d’un niveau exceptionnel, la très grande qualité de ses rapports humains ont laissé une empreinte indélébile dans le cœur de tous ceux qui l’ont connu.

Né le 25 juin 1896 à Blois, Régnier termine en 1914 ses études au lycée de Châteauroux. Il est bachelier et veut préparer Saint-Cyr. Mais c’est la guerre ; il reçoit bientôt le baptême du feu.

Lieutenant terriblement blessé en 1917 au Chemin des Dames, il entre paraplégique dans les hôpitaux pour n’en plus jamais sortir.

Mais les quarante années de martyre corporel furent aussi quarante années de travail acharné où il dépense une incroyable somme d’énergie surhumaine.

Il est de tous les combats où le sort des grands blessés est en jeu. Il est aussi dans nombre d’organismes civils qui bénéficient de ses grandes capacités.

L’un de ses combats les plus nobles et le mieux réussi est sûrement l’ouverture à l’INI d’un centre ultramoderne de traitement et de réadaptation des paraplégiques et des grands blessés de guerre qui a sauvé de la mort beaucoup de jeunes blessés.

Le président Régnier s’est éteint le 3 novembre 1966 à l’INI. Il était Grand’Croix de la Légion d’honneur

« Je suis sûr de traduire la pensée unanime de tous ceux qui l’ont approché quand je dis que Pierre Régnier avait l’âme d’un saint » déclara Georges Gauriault, le plus ancien de ses collaborateurs, lors de ses obsèques très solennellement célébrées à l’Hôtel national des Invalides.


Pierre Régnier



Georges Gauriault

Georges GAURIAULT

Sixième président fédéral de 1966 à 1972.

Né le 7 mai 1893 à Saumur (Maine-et-Loire), il s’engage dans la marine nationale en 1910. Dans cette arme, il sert durant la guerre de 14/18. Affecté à l’aviation maritime en 1917, il est victime d’un accident en service commandé le 7 juillet 1918. Amputé de la cuisse droite, il perd l’usage du bras droit. Revenu à la vie civile, il entre en 1921 au ministère de la marine à Brest. Muté à Cherbourg en 1926 et à Paris en 1929, il restera dans l’administration jusqu’en 1942.

Il adhère, dès sa formation, en 1922, à l’association nationale des Grands Invalides de guerre puis, naturellement à la FNPGIG à laquelle sa vie est intimement liée.

Organisateur né, il est un technicien hors pair sur toute question touchant au droit à réparation. Il exerce toutes sortes de responsabilités dont la rédaction du journal fédéral « Le Grand Invalide » auquel il donne ses lettres de noblesse aux yeux des administrations.

Débordant d’activité généreuse, Georges Gauriault était intraitable lorsqu’il s’agissait du prestige de la fédération. Cependant, pour lui-même, il était d’une réelle modestie.

En 1972, après cinquante années de dévouement à la cause des victimes de guerre, il prend une retraite méritée et se retire en Bretagne.  

Officier de la Légion d’honneur, il est décédé le 13 août 1983 à l’Institution nationale des Invalides où il était entré comme pensionnaire le 22 juillet.





Raymond MÉRAY

Septième président fédéral de 1972 à 1988.

Raymond Méray est né en 1917 à Gennevilliers. Après ses études, il entre au service des parcs et jardins de la ville de Paris.

En 1938, il accomplit son service militaire au Maroc, au service géographique de l’armée. Puis il entre au réseau du chemin de fer transsaharien, Méditerranée – Niger.

Rappelé en 1943, il participe à la campagne d’Italie en qualité de démineur. Le 3 mars 1944, il saute sur une mine allemande. Elle lui cause de nombreuses et graves blessures dont une amputation de jambe.

Après dix autres années de travail au Transsaharien, il doit cesser ses activités professionnelles. Commence alors son inlassable service auprès des Plus grands invalides.

Admis à la fédération en qualité de membre allié car non encore décoré de la Légion d’honneur (!), il en devient rapidement administrateur fédéral, puis secrétaire général et enfin président fédéral en 1972.

À la compétence acquise par le partage du travail avec le président Régnier et son adjoint Gauriault, il ajoute un sens personnel très aigu de l’ouvrage bien fait, du souci de la grande précision et d’une très grande rectitude morale. Ces immenses qualités d’hommes d’analyse et de réflexion lui permirent d’acquérir un incontestable ascendant dans toutes les commissions où il siège sans relâche, et tout particulièrement celle du rapport constant pour lequel il était devenu un spécialiste écouté.

Il faut aussi se souvenir de la fougue et de l’énergie qu’il déploie pour faire adopter puis ériger et enfin lancer l’exploitation de la magnifique réalisation de Dolce Farniente, la maison de repos des grands invalides de guerre, longtemps fleuron de la Fédération.

En 1986, sa santé périclite gravement. Son vice-président, Jean-Claude Gouëllain doit assurer de plus en plus souvent les intérims nécessaires. Ne remontant pas suffisamment la pente, il quitte à regret ses responsabilités en 1988, tout en restant un conseiller expérimenté et écouté au sein du bureau de direction.

Commandeur de la Légion d’honneur, le président fédéral honoraire Raymond Méray s’éteint le 18 décembre 1998.


Raymond Méray



Jean-Claude Gouëllain

Jean-Claude GOUËLLAIN

Huitième et dernier président fédéral depuis 1988,

devenu président fondateur de la Fondation des mutilés et invalides de guerre en 2011.

On trouvera sa fiche de présentation en cliquant ici.


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